La crainte numéro un des dirigeants qui veulent changer de prestataire informatique n'est pas le prix : c'est la coupure. Peur de perdre des accès, des licences, des sauvegardes, ou de se retrouver bloqué entre deux intervenants. Dans notre pratique, une reprise de parc bien préparée se fait sans aucune interruption pour les utilisateurs, à condition de la traiter comme un transfert d'exploitation et non comme une réinstallation.
1. Ne rien résilier avant d'avoir l'inventaire
La première erreur est d'envoyer la lettre de résiliation avant de savoir ce que l'on possède réellement. Avant tout courrier, il faut disposer de la liste des postes et serveurs, des licences Microsoft 365 et de leur mode de facturation (abonnement CSP porté par le prestataire ou contrat direct), des noms de domaine et de leur registrar, des accès aux pare-feu, NAS, imprimantes, opérateur télécom, et de la localisation exacte des sauvegardes.
Point de vigilance fréquent : les licences Microsoft 365 souscrites via le prestataire sortant. Elles doivent faire l'objet d'un transfert de partenaire (changement de « relation de revendeur »), opération simple mais qui prend quelques jours et nécessite la coopération du sortant.
2. Récupérer les accès administrateur avant la fin du contrat
Le compte administrateur global du tenant Microsoft 365, l'accès admin du pare-feu, le compte propriétaire du NAS et l'accès à la console antivirus sont les quatre éléments qui bloquent le plus souvent une reprise. Ils doivent être obtenus pendant la période de préavis, jamais après. Le contrat en cours prévoit presque toujours une obligation de réversibilité : c'est le moment de l'activer par écrit.
3. Prévoir une période de recouvrement
Nous recommandons systématiquement deux à quatre semaines pendant lesquelles l'ancien contrat court encore alors que le nouveau prestataire a déjà déployé sa supervision. Cette phase permet de découvrir ce que l'inventaire n'a pas révélé : un vieux serveur applicatif oublié, une imprimante en IP fixe, un logiciel métier avec une clé matérielle, un accès distant maison.
4. Déployer les outils du nouveau prestataire en parallèle
Supervision, agent de prise en main à distance et antivirus peuvent cohabiter quelques jours avec les outils existants, à condition d'exclure mutuellement les agents antivirus pour éviter les conflits. C'est ce déploiement parallèle qui rend la bascule invisible pour les utilisateurs : le jour J, seul le numéro du support change.
5. Vérifier les sauvegardes avant, pas après
Une reprise de parc est le meilleur moment pour poser la question qui fâche : quand a eu lieu le dernier test de restauration ? Nous restaurons systématiquement un jeu de données témoin avant la bascule. Tant que cette restauration n'a pas réussi, la migration des sauvegardes vers la nouvelle solution ne commence pas. Voir notre offre sauvegarde et plan de reprise d'activité.
6. Reprendre la documentation ou la reconstruire
Dans la majorité des reprises, la documentation transmise est incomplète. Nous reconstruisons donc en début de contrat un dossier d'exploitation : schéma réseau, plan d'adressage, inventaire matériel avec dates d'achat et garanties, liste des logiciels métiers et de leurs éditeurs, procédure de restauration. Ce document appartient au client, ce qui garantit qu'un futur changement se fera sans dépendance.
Le calendrier type d'une reprise
- Semaine 1 : audit et inventaire, collecte des accès, identification des risques bloquants.
- Semaine 2 : notification de résiliation, demande de réversibilité écrite, transfert des licences.
- Semaines 3 et 4 : déploiement de la supervision et de l'antivirus, test de restauration, reprise du pare-feu.
- Jour J : bascule du support, communication aux utilisateurs, mise à jour des procédures d'appel.
- Mois 2 : plan de remédiation des points relevés pendant l'audit.
Et si la relation avec le prestataire sortant est tendue ?
Cela arrive. Dans ce cas, on part du principe qu'aucun accès ne sera transmis : on reconstruit un compte administrateur global via la procédure de vérification de propriété du domaine, on réinitialise les équipements réseau lors d'une intervention planifiée hors heures ouvrées, et on redéploie les sauvegardes sur une nouvelle cible. C'est plus long, mais parfaitement réalisable — à condition, encore une fois, de contrôler le nom de domaine.
Passer le cap
Nous réalisons l'audit de reprise et le plan de bascule avant toute signature, ce qui permet de savoir précisément ce qui vous attend. Détail des prestations sur la page infogérance, tarifs et fonctionnement dans le guide de la maintenance informatique TPE/PME, ou directement au 01 88 61 55 55.
